Sophie Wilhelm

Conteuse en mouvement 

Sophie découvre les contes petite fille, dans les gros livres empruntés à sa bibliothèque de quartier, puis très vite, s’invente ses propres récits. À l’adolescence, elle suit des études d’art dramatique au conservatoire régional de Metz, et profite d’être animatrice en colos et centre aérés pour s’essayer à raconter en public. Elle découvre l’existence de l’art du conteur lors d’un stage à Strasbourg avec Anne-Marie Lopez Del Rio. 

 

Parallèlement, elle se passionne pour les arts du mouvement. Subjuguée par la découverte du mime corporel d’Etienne Decroux, elle abandonne un emploi à L’Espal centre culturel du Mans et part étudier à l’école Omnibus de Montréal. Elle participe au renouveau de l’art du conte au Québec, faisant partie des premiers conteurs du sergent recruteur. Dès lors, l’alliance entre la narration et le mouvement devient le cœur de sa recherche artistique. 

 

De retour en France en 2000, elle remporte le Grand Prix des conteurs à la Maison du Conte de Chevilly-Larue. Son directeur, Abbi Patrix, l’associe alors à divers projets de la compagnie du Cercle. Lors d’une résidence de collectage au centre dramatique de Colmar, elle rencontre Olivier Noack, avec qui  elle coanime alors les Mots du Vent. Elle y crée son premier spectacle pour adultes, «Alwine Fichenich», en hommage à sa grand-mère allemande où elle questionne son rapport à la langue.

Parallèlement, elle poursuit sa collaboration avec la cie du Cercle, crée « la petite fille qui », un projet de Abbi Patrix et de la chorégraphe Pascale Houbin. Elle suit le premier « Labo » de la maison du conte, cadre qui nourrit son désir d’expérimentation au service de l’art de la narration. 

En 2006, la compagnie Les Mots du Vent quitte l’Alsace pour le département rural de la Meuse. C’est là que s’enchaînent les tournées dans les petits villages et que se développent plusieurs projets de proximité, comme les SaisonnièresRoman fleuve, projets qui questionnent la notion de la culture en milieu rural. 

C’est ici aussi que Sophie crée plusieurs spectacles autour de thématiques telles que la rencontre (Jai tant rêvé de toi) le temps, (Minute papillon, Kronoportraits, Ma Vue,)  ou la place de l’homme dans la nature (Jan de l’ours , Comme un animal). Elle puise ses histoires dans le répertoire des contes traditionnels ainsi que dans sa propre observation du monde : à partir de collectages de récits, elle s’inspire de la parole de ses contemporains pour écrire de nouvelles histoires. 

Les formes qu’elle propose vont de la narration dans sa plus simple expression, celle qui par la seule magie des mots laisse jaillir des images et résonner la pensée ( Les contes de sous mon chapeau), à des spectacles dont la mise en scène nécessite des plateaux de théâtre : persuadée que l’art de la narration peut s’exprimer de manières diverses, elle aime s’associer à des artistes d’autres disciplines, musiciens, chanteuse, plasticiennes. Afin de déjouer la nature solitaire du conteur et pour nourrir son désir d’expérimentation, elle fait partie du collectif de conteurs Front de l’est. 

Toujours passionnée par l’alliance du mot et du geste, elle suit une formation de praticienne en Feldenkrais, dont elle est diplômée en 2014. Cette conscience accrue du corps en mouvement s’inscrit intimement dans sa pratique artistique. 

Elle est aussi au centre d’une activité de transmission pour tous les publics, adultes, jeunes ou enfants et en direction des conteurs ( Kom Panis), acteurs et musiciens. 

Forte de cette tranquillité qu’apporte un corps conscient, Sophie Wilhelm, conteuse en mouvement, poursuit aujourd’hui son désir de dire le monde, par la musique des mots et la subtile poésie d’un geste habité.